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 » Ce sont deux affaires qui sont aux mains de la justice, ce n’est pas des affaires du gouvernement »

 » Je viens de lire dans le journal Alwatwan n°4072 du 14/12/2020, un article portant sur une conférence de presse tenue par le ministre de la justice dans laquelle il est revenu sur deux dossiers qui concernent mes clients que sont : l’ancien président AHMED ABDALLAH MOHAMED SAMBI et le Gouverneur d’Anjouan, le docteur ABDOU SALAMI ABDOU. »

 

Sans revenir sur les faits ni leur « détention » qui a perdu toute légalité, je me permets de rappeler au ministre que ce n’est pas après avoir dit tout ce qu’il avait à dire dans ces dossiers et notamment, le dossier du président SAMBI qu’il va enfin s’en rendre compte que « ce sont deux affaires qui sont aux mains de la justice, ce n’est pas des affaires du gouvernement. »

Je rappelle que pour la première fois dans l’histoire juridique de nôtre pays, des ministres en exercice y compris celui en charge de la justice ont parlé à plusieurs reprises de ces dossiers que ne l’a fait le procureur de la république. De ce qui précède, il n’y a pas lieu à ce que le ministre de la justice vienne se rétracter et faire comme si les comoriens ne sont pas au courant de ses interventions sur le dossier SAMBI.

Permettez-moi de vous renvoyer au journal Al-fajr n°1642 du 11/12/2020 dans lequel le même ministre qui prétend aujourd’hui que « ce sont deux affaires qui sont aux mains de la justice, ce n’est pas des affaires du gouvernement », soit allé jusqu’à nous sortir ce qu’il appelle « un mandat de dépôt illimité » qui n’est prévu dans aucun article du code de procédure pénale comorien en vigueur lors de l’inculpation du président SAMBI le 20/08/2018.

Comment après tous ces dérapages, le ministre de la justice peut aujourd’hui vouloir s’en laver les mains et se faire passer pour celui qui laisse la justice faire son travail ?

Monsieur le ministre de la justice au même titre que vos collègues ministres, vous vous êtes déployés durant tout ce temps à vider les dossiers SAMBI et SALAMI de toutes connotations juridiques voire judiciaires et vous les avez transformés en bon dossiers politiques n’en déplaise à ceux qui ne veulent pas l’entendre. Enfin, permettez-moi de vous rappeler en vôtre qualité de magistrat de profession que dans le dossier SALAMI le juge d’instruction a rendu une ordonnance de renvoi devant la Cour de Sûreté de l’Etat depuis le 10 septembre 2019 au cas où, vous ne seriez pas au courant. Mon client et moi même attendions la fixation d’une date d’audience en vain.

Si j’ai bonne mémoire puisque je n’ai pas le dossier sous mes yeux, j’avais saisi l’inspection générale des affaires judiciaires à cet effet pour que ce service puisse chercher à savoir ce qui bloque la tenue de cette audience, je n’ai jamais eu de réponse.

Le commissaire du gouvernement avait lors d’une de ses conférences de presse déclaré que « jusqu’au 10/11/2020, il va annoncer la date de la tenue de l’audience dans l’affaire SALAMI. » Or, à ma connaissance, à ce jour, aucune date ne nous a été communiquée.

A quelque chose malheur est bon puisque je viens d’apprendre qu’une réforme de la loi sur l’organisation judiciaire vient d’être adoptée et que la Cour de Sûreté de l’Etat est supprimée.


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